Pour celles et ceux qui parlent en public au nom d'un projet : candidat, élu, dirigeant, porte-parole, responsable d'association. Deux modèles de travail, conçus pour un vrai client et réutilisables : le dossier du personnage, et la carte des liens de son équipe.

Un personnage public n'est pas un masque. C'est un rôle tenu, avec des règles que tout le monde peut vérifier. Chaque promesse est écrite sur une ardoise, et chaque ligne doit montrer trois choses.
Qui décide vraiment : la ville, l'intercommunalité, le préfet, le juge, un bailleur ? Pas de clé, pas de promesse.
Ce que ça coûte, comment c'est payé, et à quoi on renonce. Pas de facture, pas d'annonce.
Quand, et avec quel compteur public on jugera le résultat. Pas de compteur, pas de victoire.
Exemple fictif : Camille est une élue d'opposition imaginaire, dans une ville moyenne. Touchez une ligne pour voir sa clé, sa facture et sa date. Les deux camps sont notés avec la même règle ; quand la majorité tient parole, la ligne est soldée, et on le dit.
Chaque intervention suit le même chemin. Chaque temps a son objet, qu'on peut montrer à la caméra ou poser sur une table.
Quel problème, où, mesuré comment ?
Ce qu'on propose, en une ligne.
Qui décide, combien, quand.
Comment on jugera, avec quelle source publique.
Ce qu'on ne peut pas faire seul, et ce qu'on a corrigé.
Règle venue du théâtre : un objet important change de fonction au moins trois fois. Un objet qui ne provoque aucune décision est supprimé.
Sans elle, la parole redevient slogan.
Sans lui, on promet ce qu'on ne peut pas décider.
Sans elle, un chiffre reste un slogan.
Sans lui, le récit devient trop parfait, donc suspect.
Chaque format média est noté sur sept critères : utilité pour le public, puissance de jeu, instant de vérité, force de l'objet, exactitude, vie de l'ardoise, faisabilité. Puis vient le veto : un seul garde-fou en échec écarte le format, quel que soit son score.
La méthode vient des cartes dramatiques, mises au point avec le Dr Pierre Benghozi à partir de deux grands scénaristes, Billy Wilder et Joseph L. Mankiewicz. Leurs films donnent aussi les contre-modèles.
Après une défaite, une fusion ou un départ, une équipe se défait sans bruit : un lieu disparaît, une seule personne porte tout, des loyautés se contredisent. On dessine ensemble deux planches pour voir ce qui tient encore, puis on décide trois choses, datées. La grammaire vient des travaux du Dr Pierre Benghozi sur le maillage des liens ; on lui emprunte une façon de dessiner, pas un acte de soin.
Finalité, périmètre, exclusions. Rien ne commence sans consentement écrit.
On dessine l'espace tel qu'il est, à plusieurs mains, sur une seule feuille.
Filiations, alliances et ruptures, chacune datée.
Trois décisions au plus, avec un responsable et une date.
Ce qui a tenu, ce qui a lâché. Les brouillons sont détruits.
Un tiers garant, extérieur au groupe, peut interrompre à tout moment. Le responsable du groupe participe, il n'anime pas. Ce n'est pas une thérapie : si l'émotion déborde, on oriente vers un professionnel.
Collectifs, jamais nominatifs, relevés chaque mois en même temps que l'ardoise.
Pour un oral, un entretien, une audition, une prise de parole : ce que veut le personnage, ce qu'il sait, ce qu'il cache, ses trois règles. On joue la scène, on la rejoue.
Un dossier de travail et un classeur : l'ardoise, les formats notés, les objets, les instants de vérité, les chiffres vérifiés et un plan de douze semaines.
Deux planches, un relevé par fonctions, des décisions datées, neuf indicateurs, avec un tiers garant et des consentements écrits.