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Portrait de Jean-Cyrille Merle-Remond
Le fondateur

Jean-Cyrille Merle-Remond, dit Martini

Fondateur de La Lettre — association & société de production

Plus de trente ans à faire deux choses : éviter les accidents avant qu'ils n'arrivent, et prouver ce que les gens savent faire. D'abord dans les cuisines d'un grand théâtre, puis dans les métiers de l'alimentation, puis dans une méthode qui relie les deux. La Lettre est le bout de ce chemin.

Tout commence au théâtre

De 1989 à 1999, il tient les comptes et la cuisine du Théâtre du Soleil d'Ariane Mnouchkine, à la Cartoucherie de Vincennes : dix ans à nourrir chaque jour une troupe connue dans le monde entier, entre le sérieux des comptes et la création qui ne s'arrête jamais. En 1991, invité comme auteur à un stage national pour les professeurs de théâtre (ministère de la Culture / ANRAT), il rencontre Peter Brook. De cette rencontre naît la méthode qu'il pratique depuis, celle de l'espace vide : il suffit d'un lieu, de quelqu'un qui fait et de quelqu'un qui regarde.

Un lieu. Quelqu'un qui fait. Quelqu'un qui regarde. Tout ce que fait La Lettre tient dans ces trois choses.

Le métier d'éviter les accidents

Depuis 2006, il aide les cuisines et les entreprises de l'alimentation à ne rendre personne malade : il forme les équipes aux règles d'hygiène (la méthode HACCP), il prépare les dossiers qui permettent à une grande cuisine d'obtenir son autorisation, et il vient vérifier sur place que tout est fait dans les règles. Il fait le même travail pour la sécurité au travail : regarder chaque poste, imaginer ce qui pourrait mal tourner avant que ça n'arrive, et suivre les chiffres. Il passe en ce moment des diplômes reconnus dans ce métier (auditeur FSSC 22000, Six Sigma Black Belt).

De ce métier, La Lettre a gardé la discipline : tout est noté dans des registres, et on applique la « règle du feu vert » : on ne passe à l'étape suivante que si l'étape d'avant est vraiment finie.

Une méthode : les cartes dramatiques

Pendant des années, avec le Dr Pierre Benghozi, pédopsychiatre et psychanalyste à Hyères, il met au point la méthode des cartes dramatiques, inspirée de deux grands scénaristes de cinéma, Mankiewicz et Wilder. Le principe est simple : pour chaque personnage, on écrit sur une carte ce qu'il veut, ce qu'il sait, ce qu'il cache ; puis on joue la scène et on regarde ce qui se passe. Des ateliers ouverts à tous la font vivre : chacun invente un personnage, écrit sa scène, et découvre que ce qu'il vient de faire est un vrai savoir-faire, qu'on peut décrire, regarder et prouver.

La Lettre, aujourd'hui

En 2026, ce chemin devient deux maisons portées par une même histoire. L'association, installée à Burel (Marseille) et à Carami (Brignoles), apprend aux gens en les faisant faire : sa grande formation, c'est construire un jeu vidéo avec une IA. Ce qu'ils savent faire est ensuite écrit et signé par des professionnels, et ces papiers ouvrent des portes vers le travail et la formation. La société de production fabrique le jeu vidéo « La Lettre » et son moteur : une intelligence artificielle qui peut choisir le chemin de l'histoire, mais jamais là où elle doit arriver.

Chacune garde un œil sur l'autre. Le théâtre a donné la méthode, le métier du risque a donné la discipline, et le jeu leur donne un terrain de jeu.

Parler, participer, construire

Le projet est en train de se mettre en place. La porte est ouverte.