Une intelligence artificielle sait très bien improviser une conversation. Mais elle ne sait pas tenir une histoire jusqu'au bout. Notre moteur lui laisse beaucoup de liberté pour les détails, tout en vérifiant à chaque instant qu'elle reste fidèle à ce que les auteurs ont voulu.
Imaginez une cible. Plus on est près du centre, c'est-à-dire du cœur de l'histoire, moins l'IA a le droit d'inventer. Plus on s'éloigne vers le bord, plus elle est libre.
Les faits, les points de bascule, les changements, la dernière phrase. Écrit par les auteurs, point final.
Les huit curseurs (dette, confiance, honte…) et ce que les personnages se souviennent les uns des autres.
Les mots exacts, les petits gestes, le rythme, les petits imprévus.
L'ambiance, les gens qui passent, la lumière, la matière des choses.
| Niveau | Ce que l'IA a le droit de faire |
|---|---|
| 0 | Rien : c'est écrit par les auteurs, et l'IA le récite tel quel. |
| 1 | Changer un peu la façon de dire, pas le fond. |
| 2 | Choisir les mots et ajouter de petits gestes. |
| 3 | Trouver ses propres ruses et provoquer de petits imprévus. |
| 4 | Inventer largement, tant que le point de bascule et le changement restent les mêmes. |
La machine sait ce qu'un personnage peut dire, mais aussi ce qu'il ne dirait presque jamais. Les dialogues peuvent beaucoup varier d'une partie à l'autre, sans que le personnage cesse d'être lui-même.
Ce que veut dire le moment M07, le sacrifice qu'il faut faire en M08, la dernière phrase de M10 : la machine fait vivre ces moments, mais elle n'en invente pas le sens. Ça, c'est le travail des auteurs.