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Notre activité principale est une formation : apprendre à imaginer, dessiner et construire un jeu vidéo, avec une intelligence artificielle comme outil. On y apprend en faisant, avec les mains et avec les autres. Et ce qu'on a appris est écrit sur un papier honnête, signé par quelqu'un qui a vu. Ça se passe dans deux quartiers : Burel, à Marseille, et Carami, à Brignoles.
Le médecin anglais Donald Winnicott l'a montré : c'est en jouant qu'on ose essayer, se tromper, recommencer, et qu'on devient créatif. Quand la peur de se tromper bloque tout, on n'apprend plus ; quand ce blocage cède, tout repart. Chez nous, chaque activité de jeu est une brique : jour après jour, on pose ses fondations, puis on bâtit sa maison professionnelle.
C'est le grand chantier, celui qui dure. On apprend d'abord à dessiner le jeu sur le papier (son plan, comme celui d'une maison), puis à le construire morceau par morceau. L'intelligence artificielle est l'outil, comme la machine dans l'atelier : c'est la personne qui décide. Chemin faisant, on apprend à écrire, à organiser, à décider et à travailler ensemble.
Un endroit où l'on peut venir poser une question qui touche au droit (un contrat, un litige, une démarche), à un notaire (une succession, un logement, une donation) ou à la sécurité, au travail comme à la maison. On ne remplace ni l'avocat ni le notaire : on aide à comprendre la question, à préparer ses papiers et à frapper à la bonne porte, sans se tromper d'adresse.
Nous ouvrons aussi des chambres, où chacun participe à sa mesure à la vie du lieu. Elles s'adressent à trois sortes de personnes : des artistes qui restent longtemps, des jeunes travailleurs en mission pour quelques semaines, et des personnes qui accompagnent un parent à l'hôpital, pour quelques nuits. Trois durées, trois portes : c'est un rappel de notre façon de faire.
Personne ne regarde quelqu'un d'autre construire le jeu : chacun met la main à la pâte, en petit groupe. On apprend comme on apprend le vélo : pas dans un livre, en pédalant.
Un professionnel du jeu vidéo, un formateur ou un responsable d'association regarde ce que vous faites. Ensuite, il écrit noir sur blanc : « J'ai vu cette personne faire ceci, ce jour-là. » Et il signe. Ce n'est pas une note d'école, c'est un témoin.
Avec ces papiers signés en main, on peut frapper à une porte : un travail, une formation, et plus tard un diplôme. On arrive avec des preuves, pas seulement avec des mots.
Les papiers signés s'additionnent et deviennent un dossier. Ce dossier permet, très souvent, de reprendre des études : passer une certification, faire reconnaître ce qu'on sait déjà faire (c'est ce qu'on appelle la VAE, la validation des acquis de l'expérience), entrer dans une formation qu'on n'aurait pas osé demander. Ce n'est pas réservé aux jeunes : on peut reprendre à tout âge.
On ne demande à personne de choisir un métier sur le papier. Les premiers ateliers se font sous la forme d'un jeu : on essaie, et on voit très vite si cela plaît. Une fois que c'est clair, l'association aide à choisir la suite, pas à pas : quel métier, quelle formation, quelle porte. C'est ce que nous appelons notre ingénierie d'orientation : un vrai travail de guide, préparé à l'avance, pour que chacun trouve son chemin. Chaque atelier y est une brique : l'équipe d'orientation regarde lesquelles sont posées, et aide à choisir la suivante.
Les outils numériques et l'intelligence artificielle changent très vite, et de nouveaux apparaissent sans arrêt. Savoir s'en servir, aujourd'hui, c'est ce qui permet de trouver sa place, dans le travail comme dans la vie de tous les jours. C'est pour cela que la formation se fait avec ces outils, et non à côté.
C'est l'atelier qui dure dans le temps, là où la formation se déroule en entier. On y revient, on s'entraîne, on progresse, et les papiers signés s'accumulent, comme les pages d'un cahier qu'on remplit. Il est fait pour vivre avec le quartier, pas à côté.
C'est le premier essai, en petit, comme quand on goûte la soupe avant de servir tout le monde. Un petit groupe, des résultats qu'on peut compter, pour vérifier que la méthode marche vraiment avant d'aller plus loin.